Dans la Marne : des arbres, des truffes et du semis direct en pleine Champagne crayeuse

Dans la Marne : des arbres, des truffes et du semis direct en pleine Champagne crayeuse

Rencontrer Francis Pestre, c’est tomber sur un foisonnement d’idées. Vous sentez tout de suite son fil conducteur : travailler la terre pour la rendre autonome. Sa ferme de 240 hectares dans la Marne est un laboratoire vivant où se mêlent semis direct, arbres truffiers et une palette très large de cultures.

Une ferme orientée vers l’« autofertilité » des sols

Les surfaces de l’EARL Pestre-Giraux se répartissent entre les coteaux crayeux de Champagne et des parcelles argilo-limoneuses en vallée de la Marne. Ces dernières subissent entre une et sept inondations par an. Malgré ces contraintes, Francis et Isabelle visent une même ambition : restaurer la fertilité naturelle du sol.

Chaque décision prise depuis les années 1980 répond à cette priorité. L’élevage a été abandonné, les pratiques forestières intensives aussi. Le végétal remplace la ferraille, littéralement.

Du labour au semis direct : une transition volontaire

Dans les années 1990, face à la charge de travail et à la maladie d’un salarié, Francis choisit d’investir dans un semoir sans labour. Le geste est symbolique. Il vend la charrue et s’engage dans le semis direct sur l’ensemble des cultures sauf la betterave.

Cette technique lui permet de gérer entre 16 et 22 cultures différentes, annuelles et pérennes. En réduisant le travail mécanique du sol, il allonge les rotations et augmente la diversité des associations culturales.

La truffière : un nouveau visage de la ferme

Il y a environ cinq ans, le couple plante plusieurs parcelles en arbres truffiers autour de La Chaussée‑sur‑Marne. Ce projet répond à une double logique :

  • compensation de surfaces perdues par les zones de non‑traitement ;
  • diversification durable avec un revenu à long terme.

Isabelle devient présidente des producteurs de truffes de la Marne. La truffière les pousse aussi à approfondir leurs connaissances sur les champignons du sol et la vie microbienne.

Un matériel adapté : le semoir Bednar

Pour sécuriser ses semis sans travail du sol, Francis a investi avec son frère dans un semoir tchèque Bednar de 6 mètres. Il apprécie sa polyvalence : disques robustes, deux rampes de profondeur et deux trémies. Cela lui permet d’appliquer un apport d’engrais localisé au moment du semis, base de sa fertilisation.

Grâce à cet outil, il sème derrière du maïs, dans une luzerne ou dans un trèfle. Il envisage même d’essayer des mélanges de maïs et de féverole ou de semer tournesol en semis direct.

Des pratiques concrètes pour réduire les intrants

Limiter les traitements par la date et la diversité

Francis joue beaucoup sur les dates de semis pour éviter les pics d’attaques. Exemple concret : le colza est semé tôt, en août, afin d’éviter que la culture soit au stade des cotylédons pendant les périodes de forte activité des limaces en mai et septembre. Il rapporte déjà des résultats : jusqu’à 34 quintaux par hectare sans herbicide, insecticide ni fongicide.

Il privilégie aussi les extraits fermentés (ortie, prêle, consoude) comme mesures préventives. Voir des pucerons ne l’effraie pas : pour lui, cela signifie que des auxiliaires comme les coccinelles sont présents.

Gestion des couverts végétaux et relais

Toutes les parcelles sont couvertes entre les cultures. Francis utilise des mélanges très variés : colza associé à féverole, tournesol, pois fourrager, sarrasin et 3 kg/ha de trèfle blanc nain. Ce trèfle explose après récolte et facilite la levée du blé semé ensuite.

La couverture relais est également pratiquée. Par exemple, en août il sème un mélange de phacélie, sarrasin, moutarde et radis, puis un seigle forestier après gel. Ce dernier peut être détruit le jour du semis d’une orge ou d’une betterave. L’objectif : protéger l’humidité et réduire l’évaporation, tout en alimentant la vie microbienne du sol.

Quelques outils et astuces à retenir

  • Privilégier le semis au semoir plutôt qu’à la volée : meilleure levée, sécurisation des semis.
  • Rouler les intercultures plutôt que les broyer : conservation de la couverture, moins de faim d’azote pour la culture suivante.
  • Récolter avec une barre stripper pour laisser des chaumes longs et protéger le sol tout en réduisant la consommation de carburant.
  • Planter des haies diversifiées (sureau, etc.) pour favoriser les auxiliaires et maintenir une biodiversité fonctionnelle.

Un projet familial, certifié et tourné vers l’avenir

La démarche n’est pas seulement technique. Elle est familiale. Lucie, l’aînée, a rejoint l’exploitation et porté la certification HVE 3. Elle développe aussi une huilerie liée aux noyers plantés pour produire localement.

Enfin, depuis trois ans, l’EARL signe des contrats carbone avec Soil Capital. Dès la première année, la ferme est devenue « stockeur de carbone ». Ce résultat prouve que les pratiques de conservation peuvent se conjuguer avec viabilité économique et avenir pour les enfants.

Pour conclure

Le parcours de Francis et Isabelle illustre ce que peut devenir une ferme quand la priorité va au sol. Le mélange d’outils adaptés, de diversité culturale, de gestion des dates et de volonté familiale crée un cercle vertueux. Si vous cherchez des idées pour améliorer la résilience d’une exploitation, leur ferme offre des pistes concrètes et reproductibles.

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Auteur/autrice

  • Je suis astrologue professionnelle spécialisée en analyse de thèmes natals et en prévisions personnalisées. Formée à la psychologie à l’université Paris Cité et à l’astrologie humaniste au sein d’écoles parisiennes reconnues, j’accompagne depuis plus de dix ans particuliers et entrepreneurs dans la compréhension de leurs cycles de vie. J’ai collaboré avec plusieurs magazines bien-être francophones et animé des ateliers d’initiation à l’astrologie karmique et relationnelle. Ma pratique intègre aussi une approche éthique de la voyance pour éclairer les choix sans jamais les dicter. J’écris ici pour partager une astrologie exigeante, accessible et ancrée dans le réel.

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